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Liban: Le Hezbollah contrôle de Beyrouth-Ouest

09/05/2008
Joseph Bahoud, politologue libanais - Sauvegardez (MP3) audio clip
Joseph Bahoud, politologue libanais - Ecoutez (MP3) audio clip

Le Hezbollah a pris, vendredi, le contrôle de Beyrouth-Ouest après trois jours de violence ont fait au moins 13 morts et plus de 20 blessés. La plupart des combats opposaient des fidèles du Hezbollah chiite aux milices sunnites qui appuient le gouvernement de Fouad Siniora, soutenu par Washington.

Les combattants du Hezbollah, équipés de fusils d’assaut et appuyés par la Syrie et
Lebanese soldiers guard Beirut street where protesters set fire to tires, 07 May 2008
Des soldats libanais dans une rue où des manifestants ont mis le feu à des pneus
l’Iran, ont dressé des barrages routiers et pris position à Beyrouth-Ouest – secteur à majorité musulmane. Par ailleurs, le Hezbollah a fermé une station de télévision appartenant à Saad al-Hariri, leader de la coalition au pouvoir, et brûlé les bureaux d’un journal affilié à M. Hariri.

La Maison blanche se dit « très troublée » par les actions du Hezbollah, ajoutant qu’elle se tient aux côtés du gouvernement libanais. Le président Bush va discuter de la crise au Liban avec le Premier ministre Fouad Siniora, en Egypte, la semaine prochaine.

Lebanese Prime Minister Fuad Siniora, 24 Nov 2007
Le Premier ministre libanais Fouad Siniora
L’Arabie saoudite, qui appuie le gouvernement libanais, appelle à la convocation d’une réunion d’urgence des ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe, réunion qui pourrait se tenir dès ce dimanche. Cependant, la Syrie et l’Iran estiment que ce qui se passe, en ce moment, à Beyrouth est une affaire intérieure et qu’il faudrait laisser les Libanais régler leurs problèmes seuls.

Comment expliquer les violences de ces derniers jours dans la capitale libanaise? Il faut chercher « la raison immédiate » dans la décision du gouvernement libanais « de démanteler le réseau de télécommunication paramilitaire du Hezbollah, et de démanteler aussi le réseau de sécurité que le Hezbollah maintenait », explique Joseph Bahoud, politologue libanais, enseignant à l’institut de sciences politiques à Paris. « Depuis des mois, le Liban est, en fait, dans une sorte de guerre froide civile, un conflit larvé qui n’attendait que la moindre étincelle pour éclater », a-t-il indiqué.

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