Lors de la réunion des ministres de l'Intérieur et
de la Justice de l'Union européenne à Cannes, le gouvernement français, qui
préside actuellement l’UE, a soumis son projet de pacte sur l'immigration,
appelant à son adoption en octobre.
 |
| Des sans-papiers en France |
L'objectif est de définir une politique commune de l'immigration, légale et illégale, ainsi que de l'asile en Europe. A l’origine de cette
initiative: le déferlement sur les côtes européennes ces dernières années de
dizaines de milliers d’immigrants.
Le texte prévoit d’organiser l’immigration légale,
qui reposerait sur des critères conformes aux besoins des différents membres de
l’UE. La lutte contre l’immigration clandestine serait renforcée. On
s’assurerait notamment qu’une fois arrêtés, les sans-papiers seraient expulsés.
Le pacte estime également que le moment est venu de
mettre en place un régime d'asile européen commun, mais il reconnaît que
l'octroi de la protection et notamment du statut de réfugié relève de la
responsabilité de chaque Etat membre. Et finalement, il prévoit de forger un
partenariat avec les pays d’origine et de transit des immigrants qui tentent de
gagner l’Europe.
Le texte soumis par la France avait été modifié
pour tenir compte des objections de plusieurs pays, dont l’Espagne et l’Italie.
Donc, il ne parle plus d’interdire les régularisations massives pratiquées
récemment par ces deux pays. Paris avait également envisagé de faire signer,
aux immigrés en situation régulière, un contrat d'intégration dans lequel ils
se seraient engagés à apprendre la langue de leur pays d'accueil et à en
respecter les lois. Cette clause n’est plus obligatoire.
Les pays européens ont réservé un accueil favorable
au projet de pacte présenté à Cannes, mais certaines ONGs se sont montrées trés
critiques. Pour Sonia Lokku, responsable du pôle Solidarités internationales à
la Cimade, une ONG qui vient en aide aux immigrants, il est clair que l’Europe
a besoin de cette main-d’œuvre. Ce qui explique, ajoute-t-elle, les
régularisations massives pratiquées notamment en Espagne. Constat que les
immigrants contribuent beaucoup à l’économie et qu’une fois régularisés, ils
paient également des impôts. Tout le monde y gagne, ajoute Mme Lokku, d’autant
que la population européenne vieillit et aura besoin de cette main-d’œuvre
jeune, à l’avenir.