Le procureur de la CPI en RDC pour son enquête sur Lubanga
09/07/2009
Luis Moreno-Ocampo souligne que la CPI ne s'acharne pas contre les dirigeants africains
Le procureur de
la Cour Pénale Internationale (CPI), Luis Moreno Ocampo, est en visite dans
l’Est de la République Democratique du Congo (RDC). Hier il était à
Bunia où il a entendu les différentes communautés dans le cadre de son enquête
sur l’ancien chef de guerre Thomas Lubanga. Joint par la Voix de l’Amérique, le procureur a réagi à la décision de
l’Union Africaine (UA) la semaine dernière au sommet de Sirte en Libye de ne
pas collaborer avec la CPI dans le dossier concernant le président du Soudan,
Omar el-Béchir, accusé de crimes de guerre et crimes contre l’humanité au
Darfour.
« En fait,
ils n’ont jamais vraiment discuté du fond du dossier, ils n’ont jamais dit que el-Béchir est innocent, ils ont demandé au
Conseil de sécurité de suspendre les poursuites. Il s’agit d’un débat entre
l’Union Africaine et le Conseil de sécurité. Je ne vais pas m’immiscer dans le
débat, je me concentre sur l’aspect juridique, je n’entrerai dans les considérations
politiques » a déclaré M. Ocampo
Le procureur
s’est par ailleurs expliqué sur les accusations selon lesquelles la CPI
s’acharnerait sur les dirigeants africains. « Dans trois des dossiers sur
lesquels je travaille, j’ai été saisi par des
M. Ocampo a recueilli des témoignages concernant l'ancien chef de guerre Thomas Lubanga
dirigeants africains, les présidents
de l’Ouganda, de la RDC et de la Centrafrique. Dans le cas el-Béchir, c’est le Conseil
de sécurité qui a demandé mon intervention. Où est donc mon parti pris ? »
s’interroge M. Ocampo.
Interrogé sur
les autres dossiers sur lesquels il travaille, le procureur de la CPI a cité la
Colombie, l’Afghanistan, la Géorgie et le Kenya. Concernant ce dernier pays, il
a confirmé avoir reçu des mains de l’ancien secrétaire général de l’ONU Koffi
Annan une enveloppe scellée contenant la liste des suspects présumés des
violences post-électorales. M. Ocampo a declaré à la VOA que le
gouvernement kenyan dit vouloir les traduire devant la justice nationale mais
si le parlement s’y oppose, ajoute-t-il, le gouvernement saisira la CPI.