Le président Barack Obama a prononcé samedi devant les
parlementaires ghanéens un important discours destiné à l'Afrique. Le patron de la
maison blanche a tenu d'abord à remercier la représentation nationale et les plus
hautes autorités ghanéennes pour la qualité de l'accueil. « Le Ghana a une
belle histoire, et les liens entre nos deux pays sont forts » a dit Barack
Obama, avant de se féliciter du fait que sa première visite en Afrique
subsaharienne ait lieu au Ghana.
Il a souligné le faite que en un temps où les frontières séparant
les peuples sont débordées par les liens qui les lient et où la prospérité du
Ghana peut renforcer celle des Etats-Unis, la santé et la prospérité de ce pays
peuvent contribuer a celles du monde, et la vitalité de la démocratie ghanéenne
peut aider a faire progresser les droits humains ailleurs dans le monde entier.
Barack Obama n'a pas manqué de souligner le passé tragique
du continent, rappelant au passage l'histoire de son grand-père paternel, qui a
servi comme cuisinier chez des Britanniques au Kenya. Quoique notable respecté
dans son village, ses patrons l'appelaient boy pendant la plus grande partie de
sa vie.
Démocratie, opportunité, santé, et résolution des
conflits
C'est facile de pointer un doigt accusateur sur les
autres, a dit Barack Obama. Oui, des frontières coloniales irrationnelles ont
causé des conflits, l'occident s'est souvent comporté en patron, plutôt qu'un
partenaire mais l'Occident n'est pas responsable de la destruction de
l'économie zimbabwéenne au cours des dix dernières années, encore moins de l'utilisation
d'enfants-soldats sur les champs de batailles.
Barack Obama dit avoir vu au Ghana un aspect de l'Afrique,
souvent ignoré du reste du monde : les Ghanéens, dit-il, ont travaillé dur
pour consolider leur démocratie, avec des transferts pacifiques de pouvoir, même au lendemain d'élections âprement
disputées.
Au cours de son discours, Barack Obama a mis l'accent sur
quatre facteurs revêtant une importance capitale pour l'avenir de l'Afrique et
du monde en développement tout entier : la démocratie, l'opportunité, la
santé et la résolution pacifique des conflits. Il a notamment insisté sur le
fait qu'au 21ème siècle, des institutions solides, transparentes, sur
lesquelles on peut compter sont la clé du succès. Il s'agit de savoir, dit-il,
si un jeune ayant reçu une formation peut trouver du travail lui permettant de
faire vivre sa famille ; si le paysan peu transporter ses produits au
marché ; si un entrepreneur ayant de bonnes idées peut démarrer un
commerce. Il s'agit de la dignité du travail, des opportunités à mettre à la
disposition des Africains du 21è siècle.
Votre avenir est entre vos mains
Le chef de l'exécutif américain a particulièrement
insisté pour que les Africains assument leurs responsabilités.
Le Ghana selon lui montre la voie. Il a fait l'éloge de ce pays qui a contribué
des troupes pour le maintien de la paix au Congo, au Libéria et au Liban, et se
bat sans faiblesse contre le trafic des stupéfiants.
A Moscou, dit-il, j'ai évoqué le besoin d'un système
international dans lequel les droits universels sont respectés et où leur
violation est sanctionnée. Cette
approche comporte un engagement à soutenir ceux qui résolvent les conflits de
manière pacifique, à sanctionner et à s'opposer à ceux qui ne le font pas, et à
soutenir ceux qui ont souffert. Le
résultat final se manifestera sous forme de démocraties vibrantes comme cela
est le cas au Botswana et au Ghana, qui font reculer les causes de conflits et avancer
les frontières de la paix et de la prospérité.
Comme je l'ai dit tantôt, a-t-il poursuivi, l'avenir de
l'Afrique est dans la main des Africains.
Dans mon pays, les
Africains-Américains – y compris de nombreux immigrés de fraîche date – ont
prospéré dans tous les secteurs d'activité.
Nous avons pu le faire, en dépit d'un passé douloureux, en nous appuyant
sur notre héritage africain. En se
fondant sur des institutions fortes et une volonté inébranlable, je sais que
les Africains peuvent réaliser leurs rêves à Nairobi comme à Lagos, Kigali ou
Kinshasa, Harare ou ici à Accra.
Barack Obama s'est spécialement adressé à la
jeunesse. Au Ghana, dit-il, vous
représentez plus de la moitié de la population.
Voici ce que vous devez savoir : le monde sera ce que vous voudrez
qu'il soit. Vous avez le pouvoir de demander des comptes à vos dirigeants, et
de bâtir des institutions au service du peuple.
Vous pouvez vous mettre au
service de vos communautés et mobiliser vos énergies et votre formation pour
créer de nouvelles richesses et établir de nouvelles connexions avec le
monde. Vous pouvez vaincre les maladies,
faire cesser les conflits et promouvoir des changements à la base. Vous pouvez le faire, oui vous le
pouvez. L'histoire est en marche au
moment même où je vous parle.
Je peux vous promettre que l'Amérique sera à vos
côtés. En tant que partenaire. En tant qu'ami. L'opportunité ne viendra de nulle part ailleurs,
elle doit venir de vos propres décisions, des choses que vous faites et de
l'espoir qui habite vos cœurs.
Vous avez reçu la liberté en héritage. Il vous appartient maintenant de bâtir sur
ces fondations. Et si vous le faites,
dans quelques années, nous jetterons un regard rétrospectif sur des endroits
comme Accra pour dire que ce fut un temps où la promesse est devenue réalité, le
moment où la prospérité a été créée de toutes pièces, où la douleur a été
vaincue, et une nouvelle ère de progrès a commencé.