Le Nigéria a décidé de rappeler son ambassadeur  en Libye suite aux déclarations de Mouammar Kadhafi suggérant une partition de ce pays comme solution aux violences religieuses et ethniques.  

Muammar Gadhafi (file photo)
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Mouammar Kadhafi (Archives)

Le leader Libyen a fait ces commentaires lors d’un meeting  d'étudiants africains à Tripoli, jeudi. Il a suggéré de scinder le pays en deux Etats : l’un musulman, avec pour capitale Lagos, et l’autre chrétien, avec pour capitale Abuja ; une solution, selon lui, pour arrêter les violences intercommunautaires dans ce pays.  

La réaction d’Abuja ne s’est pas fait attendre. Un porte-parole du ministère nigérian des affaires étrangères a lu un communiqué à la presse. « Les propos insensibles et irresponsables du Colonel Kadhafi, ses grandes envolées et ses prises de position chaque fois qu’il en a l’occasion sont connues et trop nombreuses pour en dresser une liste complète. Elles ont entamé sa crédibilité et son statut en tant que leader. Ses propos sur la crise à Jos,  dans l’Etat du Plateau, sont inacceptables et indignes d’un leader qui veut se faire le chantre de l’unité africaine et de l’intégration », a déclaré M. Ozo Nwobu. 

nigeria ethnic violence january 2010
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Des maisons détruites lors des violences intercommunautaires de janvier 2010 au Nigeria

Les parlementaires nigérians ont, eux aussi, condamné la sortie de Mouammar Kadhafi lors de débats. Le président du Sénat, David Mark, a qualifié les paroles du dirigeant libyen de « diatribe d’un homme dérangé ».  

Le gouvernement a donc décidé de rappeler son ambassadeur et réévaluer ses relations avec la Libye. « Pour l’instant nous allons mener des consultations avec notre ambassadeur pour comprendre ce qui se passe. Après évaluation de la situation, des décisions seront prises. Nous n’avons pas mis fin à nos relations avec la Libye. Il s agit d’ une forme de protestation qui est courante en matière de diplomatie », a expliqué le porte-parole du ministère nigérian des Affaires étrangères. 

Le Nigéria, qui compte 140 millions d’habitants, a, à peu près, 50% de musulmans et 50% de chrétiens.